À l'occasion des élections provinciales de 2026, le Réseau COOP, appuyé par ses membres et partenaires, souhaite porter à votre attention le rôle essentiel que jouent ces coopératives dans le développement économique, social et territorial du Québec.
Dans un contexte marqué par les défis du repreneuriat, de la pénurie de main-d'œuvre, de la vitalité des régions et de la transition socio-écologique, les coopératives constituent une réponse concrète aux enjeux auxquels le Québec est confronté.
Les coopératives de travail et de solidarité : des entreprises d'économie sociale à part entière
Elles sont détenues et contrôlées démocratiquement par les travailleur.euses et, par conséquent, profondément ancrées dans leur milieu. Elles contribuent au développement économique des régions dans une optique de justice sociale en réinvestissant notamment les bénéfices de leur activité au profit des travailleur.euses et de leur communauté.
Un modèle qui fait sens pour la nouvelle génération
Ce modèle correspond particulièrement aux aspirations de la nouvelle génération d'entrepreneur.euses. Six jeunes Québécois.es sur dix qui veulent se lancer en affaires préfèrent le faire en équipe. De plus en plus de jeunes souhaitent entreprendre autrement, dans une logique de partage des responsabilités et de retombées collectives. Les coopératives leur offrent ce véhicule. Elles contribuent également à attirer et retenir les jeunes en région, favorisant ainsi la vitalité économique et démographique de l'ensemble du territoire québécois.
Une option supplémentaire pour favoriser la reprise d’entreprises
Face au départ à la retraite de nombreux dirigeants, le repreneuriat collectif permet de maintenir des emplois de qualité, d'éviter les délocalisations et de préserver des services essentiels dans les communautés. Le transfert d’entreprise aux employé.es est un choix sensé à considérer sur le même plan que la relève familiale.
Un accès équitable des coopératives aux programmes gouvernementaux, contrats publics et autres mesures actuellement ouvertes aux OBNL
Malgré leur reconnaissance officielle dans la Loi cadre sur l'économie sociale, les coopératives continuent trop souvent d'être exclues de programmes gouvernementaux accessibles aux organismes à but non lucratif ou encore désavantagées lors de l'octroi de contrats publics.
Nous souhaitons rappeler que les coopératives ne poursuivent pas une finalité lucrative. Les ristournes versées aux membres constituent un mécanisme de redistribution collective fondé sur la participation réelle des membres à l'activité de leur entreprise. De même, les intérêts versés sur les parts visent à soutenir la capitalisation et l'autonomie financière des coopératives, et non à rémunérer un capital spéculatif.
Dans un contexte où l’investissement dans une coopérative ne prend pas de valeur avec le temps, la possibilité d’offrir un intérêt limité demeure essentielle pour maintenir l’attractivité et la valeur du capital investi par les membres. De même, les ristournes, souvent versées sous forme de parts, représentent un mécanisme efficace de capitalisation interne.
Une étude récente du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité1 démontre d’ailleurs que les coopératives versant des ristournes et un intérêt sur les parts présentent un meilleur taux de capitalisation, un capital social plus élevé et des actifs et un chiffre d’affaires supérieur aux coopératives se déclarant à but non lucratif.
Les coopératives répondent pleinement aux critères reconnus de l'économie sociale:
- Une finalité non lucrative;
- Une gouvernance démocratique;
- Une viabilité économique;
- Le réinvestissement collectif des excédents;
- La création d'emplois durable;
- Une contribution au développement local
Dans cette perspective, nous invitons les formations politiques et leurs candidat.es à s'engager en faveur des mesures suivantes :
- Reconnaître pleinement l'admissibilité des coopératives aux programmes destinés aux entreprises d'économie sociale et aux OBNL
- Assurer un accès équitable des coopératives aux contrats publics et valoriser leur contribution unique dans les appels d'offres gouvernementaux
- Mettre en place une politique d'achat préférentiel en économie sociale, à l'image de plusieurs municipalités québécoises
- Bonifier le Régime d'investissement coopératif (RIC) afin de favoriser la capitalisation et le développement des coopératives québécoises
- Intégrer l'enseignement du modèle coopératif de manière transversale dans les différents programmes du secondaire, du cégep et de l'université afin de mieux faire connaître ce modèle d'affaires
Ainsi, les coopératives de travail et de solidarité demandent que les programmes gouvernementaux reconnaissent adéquatement leur contribution et leur offrent des conditions d'accès comparables à celles des autres formes d'entreprises.
Les coopératives sont déjà présentes dans plusieurs secteurs d’activité (ingénierie, architecture, communications, informatique, microbrasseries, design urbain et événementiel, etc.). Elles ont le potentiel d’être présentes dans tous les secteurs d’activité alliant à la fois logique économique et retombées sociales.
Nous invitons les candidat.es de toutes les formations politiques à prendre position sur ces enjeux et à dialoguer avec les coopératives de leur circonscription afin de mieux comprendre les réalités du terrain et les solutions qu'elles proposent.
Parce que l'avenir économique du Québec passe aussi par l'entrepreneuriat collectif, la démocratie économique et la justice sociale, nous espérons pouvoir compter sur votre engagement.
1 CQCM, État de situation sur les coopératives exploitées à des fins non lucratives, décembre 2022, p.28 -32